Le documentaire pop et optimiste qui ouvre (mon) Festival de Cannes 2026

Troisième film d’une trilogie de documentaires (je ne savais pas qu’il en existait ; apparemment c’est le cas), après « Kiss the ground » et « Common Ground », le film surprend par sa diversité par rapport aux autres documentaires.

Car, au lieu de miser sur la terreur d’un avenir compromis sur terre et d’assommer le spectateur à coups de sentiments de culpabilité, il se lance presque dès le début dans l’exploration d’une proposition : celle de l’agriculture régénérative.


Si vous pensiez que l’eau était l’élément sans lequel la vie sur Terre ne serait pas possible, vous vous trompiez : cet élément, c’est le sol.

Et si vous avez envie de l’entendre par la voix de Demi Moore, cette vidéo pourrait vous intéresser :


L’agriculture régénératrice repose en effet sur un principe très simple.
Si, à cause du réchauffement climatique, le carbone quitte le sol pour être libéré dans l’air, les systèmes basés sur l’agriculture régénérative le ramènent précisément dans le sol. Sa présence permet à l’eau d’être absorbée par le sol et d’y rester le temps nécessaire pour faire prospérer au moins deux formes de végétation. Une végétation qui sert à nourrir la faune qui se réinstalle sur le sol, et tout le complexe mécanisme d’ingénierie naturelle se recrée peu à peu, donnant naissance à un nouvel écosystème.


En misant sur la couleur et sur un usage de la musique pop absolument plaisant, le film voyage à travers les cinq continents, dans une tentative de vulgariser un thème encore inconnu de la plupart, mais qui semble capable non seulement de revigorer les systèmes naturels, mais aussi d’offrir de réelles solutions d’investissement et de revenus pour les agriculteurs.


Grande absente dans cette logique (à part l’Angleterre) est précisément l’Europe. Après les paysages de l’Amazonie, les murs verts du sub Sahara, les plaines d’Australie et les polycultures indiennes (pour ne pas mentionner les États-Unis et la Colombie), de l’Europe ne proviennent que l’intervention de ce cher Prince William et d’un ancien DJ, Andy Cato, dont le mérite est d’avoir abandonné son travail (celui-là, bien pop) pour se consacrer aux merveilles de l’agriculture.


Si vous espérez au moins un paysage provençal ou une campagne toscane, vous serez déçus.
Si, en revanche, vous tenez encore à votre tasse de café colombien au petit matin ou si vous ressentez une envie irrépressible d’acheter un terrain dans les Pouilles, allez voir Groundswell.


Parce que le choix du titre et la raison d’avoir confié le commentaire du film aux voix de Demi Moore et Woody Harrelson ne vous sont expliqués qu’à la fin. Comme un bon cinéma pop et optimiste devrait le faire.


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