L’art de montrer l’art au cinéma

Les femmes semblent être les protagonistes de cette 79e édition du Festival de Cannes. Sinon toujours dans les titres, du moins très souvent dans les contenus.

Adaptation de la pièce de théâtre Tōkyō Notes (東京ノート, 1995) d’Oriza Hirata, Nagi Notes est en compétition et réalisé par Kōji Fukada.

Vision poétique de la vie, quête d’authenticité : le film semble suggérer des formes de rébellion de ce type, en alternative aux injonctions de réussite du monde masculin. Celui-ci reste, au moins au début, un modèle pour Yuri, la protagoniste. Plus libre et moins isolée, mais pas nécessairement plus heureuse, Yoriko — ancienne belle-sœur de Yuri — lui apprend presque malgré elle à se regarder, comme elle le ferait avec l’une de ses sculptures en bois, et à chercher en elle-même la réponse, la direction à prendre.

Sur fond de cette relation féconde et apaisée, on découvre sous forme de miroir générationnel la relation de deux adolescents confrontés à un amour peut-être impossible. Dans le cadre de la localité fictive de Nagi, entre montagnes et petites cascades japonaises, le film aborde ces thématiques avec délicatesse.

Ainsi, Nagi Notes est susceptible de plaire à tous ceux qui souhaitent voir traiter des sujets tels que l’amour, l’évolution sociale, ou encore le rapport entre masculin et féminin…sans oublier la question de l’homosexualité dans la société traditionnelle japonaise. Le tout dans l’écrin artistique et naturel des montagnes nippones.

Mais si vous faites partie de ceux pour qui l’art contemporain évoque un indigeste fourre-tout, n’ayez crainte : le sujet de Nagi Notes est traité avec une telle finesse que, à l’image du rare petit oiseau que l’on suit dans le film, il murmure de la poésie même à l’oreille de ceux qui y sont insensibles.


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